Marcus Strickland – Nihil Novi

Depuis 2001, le nom de Marcus Strickland a été crédité sur de nombreux projets, pourtant, ce dernier n’est pas parvenu à se faire un nom, jusqu’à présent.

Le saxophoniste originaire de Floride compte déjà sept albums solos à sa discographie, ainsi que des participations sur des albums de noms tels que Dave Douglas, Roy Haynes, Mike Moreno ou même Lonnie Plaxico.

Musicien, producteur mais aussi président du label Strick Muzik, Stricklandest présent sur tous les maillons de la chaine, ce qui lui permet d’élargir son champ de vision artistique, parvenant à s’ouvrir au fur et à mesure de sa carrière, en rencontrant ainsi quelques grands noms du métier, en jazz, mais pas que.

Cette année marque un changement dans la carrière de Marcus Strikland, avec la sortie de son huitième album Nihil Novi, littéralement « rien de nouveau » en latin, pour la première fois signé Blue Note Records. Ironiquement, les quatorze chansons proposées apportent de la nouveauté dans le répertoire du saxophoniste, alliant avec brio une fusion entre jazz et hip-hop, le saxophoniste revisite ses fondamentaux bebop tout en finesse.

Strickland s’est entouré de quelques amis et collaborateurs de longue date, comme Robert Glasper, Chris Dave, Pino Palladino ou encore Chris Bruce, l’ensemble étant produit par Meshell Ndegeocello.

C’est « Tic-Toc » qui ouvre le bal, sur un rythme afro-péruvien entrainant, servant de socle aux envolées lyriques de Marcus Strickland sur son alto, le morceau prenant encore en puissance à l’arrivée des choristes.
Dès la troisième chanson, Jean Baylor débarque avec sa voix légère et mélancolique, marquant l’arrivée de l’influence hip-hop.

S’en suit un savant équilibre entre morceaux chantés et instrumentaux, qui fait de Nihil Novi une œuvre complète, même si l’on pourra regretter le manque de volume global au fil de la trame, pas évident de sortir un album de saxophone dans le monde post-The Epic (Kamasi Washington).

Tout au long de cet album, on pourra noter certaines inspirations majeures de Strickland, comme Marvin Gaye, Herbie Hancock, Charles Mingus … Cette sortie marque bel et bien une étape dans l’évolution du jeu du saxophoniste, même si ce n’est pas encore une œuvre d’art absolue, il entre dans les incontournables de l’année en jazz.

2017-06-29T16:37:34+00:00