Florian Pelissier Quintet – Cap de Bonne Esperance

Florian Pellissier, c’est un Quintet, mais pas seulement.

Alors que leur troisième opus sort aujourd’hui, revenons un peu sur l’univers
qui entoure le Cap de Bonne Esperance,
déjà annoncé comme un album jazz de référence cette année.

Diplômé de la fameuse New School for Jazz and Contemporary Music en 2001, le pianiste et compositeur forme son Quintet à Brooklyn, avec Yoni Zelnik à la contrebasse, Christophe Panzani aux saxophones, David Georgelet à la batterie et Yoann Loustalot à la trompette.

 

 Une fois de retour à Paris, le Florian Pellissier Quintet sort Le Diable et son Train en 2012, ce debut album tire ses inspirations du grand Herbie Hancock, et propose neuf titres débridés mêlant soigneusement world music et free jazz. Les Biches Bleues, album de la confirmation, sort en 2015, encore avec neuf titres, dont une reprise de Wayne Shorter, et reçoit des retours très positifs, amenant le Quintet sur de nombreuses scènes en France, dont celle de Jazz à Vienne par exemple.

On commence donc par les vastes inspirations présentes dans ce nouvel opus, en dehors des deux élèves du grand Miles Davis cités précédemment, on notera aussi Abdullah Ibrahim, Dick Khoza. Mais aussi Leron Thomas, avec qui il a eu l’occasion de partager les bancs de l’université il y a une quinzaine d’années et que l’on retrouve avec plaisir sur « What a Difference a Day Makes », reprise de l’immense Dinah Washington.

« Il faisait partie de la bande à Robert Glasper, Bilal et les autres. Tous ces musiciens représentaient le futur de la musique, j’étais très impressionné d’être en classe avec eux…
Et se retrouver en tournée avec Leron Thomas est une grande fierté, c’est un artiste complet, trompettiste de jazz fabuleux, chanteur, showman et super compositeur. Travailler à ses côtés est une expérience hallucinante, tout va tellement vite et loin dans son esprit musical. »

Depuis son arrivée sous le label Heavenly Sweetness, le musicien parisien à accumulé les opportunités avec des collaborations variées, l’amenant en studio avec un certain Guts, pour l’enregistrement de son album ETERNAL, qui sortira le 1er avril.

« C’est un producteur à l’ancienne qui n’a pas peur de booker un studio incroyable et des musiciens pendant deux mois alors qu’aujourd’hui la plupart des albums sont faits en deux jours sur un Mac.
Et bien c’est pareil, je retrouve les valeurs que j’aime, même si de temps en temps on doit s’isoler pour écrire ou travailler, je m’épanouis dans le collectif, vivre la musique avec les autres dans la sueur, le sang, les larmes, les joies, orgasmes parfois. (…) Avec Guts j’ai compris et appris qu’on pouvait ne pas voir petit dans la production musicale, quelle chance !!! »

Ces expériences uniques ont donc permis de forger le style du Quintet, regorgeant d’idées piquées à droite à gauche, mais aussi fruit de nombreuses années de travail, à travers différentes formations.

« Toutes ces expériences ne seraient rien sans les groupes avec lesquels je bosse et que je contribue à développer depuis quinze ans comme Cotonete, du jazz funk pur et dur. Les camarades de Setenta et Camarao Orkestra dont l’album sort le 4 mars en même temps que le Cap de Bonne Espérance du Quintet. »

On revient donc à l’actualité du jour, la sortie de Cap de Bonne Esperance, qui donne suite à deux albums déjà complets, conservant le momentum dont jouit cette formation depuis 2012. Avec un morceau comme « La Foret des Biches Bleues » le Quintet nous prouve qu’il est capable de proposer des sonorités travaillées, offrant aux auditeurs treize minutes d’une précision chirurgicale, qui vient jouer sur le terrain des grands jazzmen des années 50.

« C’est l’évolution naturelle du Quintet, je voulais voir si on pouvait sauter plus haut que les Biches Bleues. On a réussi, c’est sans doute un coup de chance car je ne pensais honnêtement pas pouvoir faire mieux. L’inspiration lointaine sud-africaine était un peu un prétexte pour tordre un peu l’esprit des compos et du jeu. J’ai peur pour le prochain disque maintenant. »

En conclusion, vous aurez compris que l’on est face à un album de taille,
qui marque une étape importante dans l’évolution du Florian Pellissier Quintet, se frayant un chemin sur les hauteurs
du jazz français, avec par exemple le titre « The Hipster »,
composition alliant à merveille une rythmique puissance et profonde avec une
mélodie envoûtante, proposant un ensemble très complet.

Une année qui s’annonce chargée, on pourra en effet retrouver Florian Pellissier lors de la tournée de Guts, quelques dates avec Leron Thomas, pendant la résidence du Camarao Orkestra studio l’Ermitage qui donnera un album le 19 mars, celle de Cotonete à La Villette, sur la tournée de Setenta et Joe Bataan et évidement avec le Quintet dès le 5 avril au New Morning.

Je vous laisse donc le choix de la date, mais en attendant une chose est sûre, le Cap de Bonne Esperance ça se passe aujourd’hui, et ça va vite devenir incontournable.

Par Renaud Alouche

 

2017-06-29T16:32:36+00:00