Anderson .Paak – Malibu

Annoncé comme le nouveau prince de la soul, Anderson .Paak a tout pour réussir, une histoire qui ferait un superbe biopic, une belle voix, quelques grooves sympas et surtout le soutien de Dr. Dre.

Pour la sortie de son quatrième album studio, le musicien californien de 29 ans sort le grand jeu, notamment après son apparition dans la bande son du film « NWA : Straight Outta Compton ».

Malibu est donc très bien reçu par la presse américaine et internationale, à l’exception d’un papier mitigé sorti par RollingStone, je tenais donc à mettre sur pause quelques minutes pour décortiquer la musique proposée par cet opus, parce qu’au final, c’est bien tout ce qui compte, la musique.

Petit flashback, direction 2012, après avoir été congédié de son boulot dans une ferme de marijuana à Santa Barbara, .Paak (dixit Breezy Lovejoy) sort son premier et second album cette année, avec un résultat variant de hip-hop à soul, manquant un peu d’homogénéité, bref des débuts où le chanteur paraissait être encore en recherche de sa touche musicale.

Après deux années chargées entre featurings, singles et tournée, 2014 marque la naissance officielle d’Anderson .Paak
pour la sortie de son album Venice, comprenant 16 titres produits par différents MC’s, donnant un rendu varié, offrant une excellente idée du potentiel de l’artiste.

L’année 2016 devait donc être celle de la confirmation pour le rappeur, avec la sortie de Malibu, sous le label Steel Wool Entertainment. Malgré d’excellents retours presse et auditeurs en général, je ne rejoins personnellement pas le mouvement propulsant (déjà) cet album dans la liste des meilleurs de l’année, mon avis est bien plus critique, pour changer un peu.

On commence donc avec « The Bird », intro groovy, instru précise et la voix de .Paak qui se dépose doucement sur le tout. Rien de mauvais, mais rien de bon non plus, l’ouverture de l’album se passe en douceur, sur un morceau soul un peu mielleux, mais propre.
Il me faudra attendre la cinquième track pour que mon oreille s’éveille, avec « Put Me Thru », un début de quelque chose voit le jour, un morceau un poil funky, avec une voix qui déroule, en sortant un peu de ce voile qui couvre tout le début de l’album

Puis le trou noir, rien d’autre qu’un ensemble de titres d’un niveau équivalent à du R&B mainstream d’ambiance jusqu’à l’arrivée miraculeuse de « Come Down ». Cette treizième chanson, déclarant son soutien à l’Etat d’Israël en y intégrant l’hymne, reprend la recette de tubes comme « Uptown Funk » ou « Happy », à savoir un rythme basse-batterie entrainant, des paroles répétitives, et une belle voix pour enrober le tout.

Verdict, cet album manque cruellement d’une ligne conductrice, intégrant encore un producteur par track, on n’arrive pas à identifier la pâte d’Anderson .Paak, qui rend là un ensemble facile à écouter, propre instrumentalement, formaté pour la radio quoi. <

Mais au vu des talents du chanteur (et batteur à ses heures perdues), sans compter son support média indéniable, j’en attendais personnellement beaucoup plus pour son quatrième album.

Le nouveau prince de la soul reste donc toujours Curtis Harding à mes yeux, qui lui a en revanche sorti un album extrêmement complet l’an passé, oublié par la vague médiatique dont .Paak bénéficie actuellement.

Au final, Malibu fait les frais de mon refus catégorique de soutenir les morceaux prémâchés, produits uniquement pour faire un buzz radio et TV, sans réel effort de créativité ou de recherche musicale derrière. Il est donc parfaitement adéquat pour intégrer le haut des charts, mais n’apporte pas grand-chose à la musique dans son ensemble, et n’a pas vraiment de raison d’intégrer quelque panthéon que ce soit.

2017-06-29T16:41:44+00:00