Adrian Younge – Something About April II

« Tu te souviens de cette longue marche à travers la ville, de cette conversation qui nous a transportés, alors que déjà, nos genoux tremblaient,
nos cœurs s’enflammaient et nos têtes nous tournaient ? C’était le grand manège de l’amour, qui s’enclenchait ».

Voilà une belle manière de lancer « La Ballade », un des titres du nouvel album d’Adrian Younge, nommé Something About April II, suite de
l’excellent premier opus, bande sonore d’un film qui n’a jamais vu le jour, sorti sous le nom de Venice Dawn en Novembre 2011.

L’artiste multi-instrumentaliste, producteur et défenseur de la musique non-samplée, ajoute une nouvelle ligne à sa discographie déjà bien chargée
(dixième sortie depuis 2009), après des collaborations notables avec des artistes tels que Ghostface Killah, Bilal, the Delfonics, RZA et
bien d’autres.

Ce nouvel album sort sous le label de Younge, à savoir Linear Labs, laboratoire de la soul nouvelle génération. 13 tracks au menu, regroupant les inspirations diverses de maître d’œuvre, partant de Curtis Mayfield à Ennio Morricone en passant par James Brown ou même Funkadelic.

C’est « Sitting By The Radio » qui ouvre le bal, en ne nous laissant aucun doute, on écoute bien de la soul, et c’est bon !
Ligne de basse très propre, quelques notes de clavecin qui résonnent, et la voix pure d’Adrian Younge, pleine d’émotions, qui nous rappelle aisément des chanteurs comme Gregory Porter ou même Charles Bradley. 

On enchaîne avec « Winter Is Here », superbe ballade marquant l’entrée en puissance du groove de la diva israélienne Karolina, que l’on retrouve tout au long de l’album.

Ce dernier est parsemé de perles auditives, comme « Memories of War » en duo avec Laetitia Saddier, ou même « Hands of God » superbe tube de cet opus.
Le tout forme une trame parfaitement logique, qui nous fait traverser l’univers de Monsieur Younge, clairement au niveau des meilleures bande originales de films de l’histoire, autant pour
l’ambiance immersive que pour la qualité instrumentale.

Excellent résultat, on ne s’attendait pas à moi venant du prodige californien qui continue d’agrandir son champ lexical, en proposant un travail de plus en plus abouti.
Pour pousser le bouchon, il ne manque plus qu’une approche d’un genre plus funk, pour que son œuvre devienne légendaire, tout comme celle de ses plus grandes inspirations.

L’album est sorti le 22 Janvier, disponible en haute qualité sur le bandcamp du label, et les dates de concerts arrivent, à suivre donc…

2018-03-26T11:17:54+00:00